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Rafael Gandía
« À 18 ans je me suis engagé au Quinto Regimiento »
Créé à l'nitiative du parti communiste espagnol (PCE) à la fin juillet 1936, le Quinto Regimiento de Milicias Populares a joué un rôle déterminant dans la défense de Madrid. Pressé de conquérir la capitale, le général factieux Mola se cassa littéralement les dents sur une résistance héroïque qu'il avait été incapable de prévoir.
Serment du milicien
engagé dans le Quinto Regimiento
« Yo, hijo del pueblo, ciudadano de la República española, ... me comprometo ante el pueblo español y el Gobierno de la República ... a defender con mi vida las libertades democráticas, la causa del progreso y de la paz, a abstenerme de actos deshonrosos e impedir que sean cometidos por mis camaradas ... con el pensamiento colocado en el alto ideal de la República democrática »
L'admiration d'Antonio Machado
« El Quinto Regimiento fue, en su actuación concreta y limitada, algo admirable y, en cuanto es asequible a la obra humana, perfecto. En su actuación difusa y mediata fue algo más admirable y perfecto todavía »
Rafael Gandia (photo 2004) « J'avais dix-huit ans quand la guerre a commencé. Avec un millier de madrilènes dirigés par le capitaine Marques, je me suis enrôlé au "Quinto Regimiento" ; nous voulions défendre la République, nous avions un fusil et 150 cartouches chacun.
En entrant dans la Cité Universitaire pour la défendre, nous étions persuadés que nous n'en sortirions pas vivants, mais nous avons empêché le général Mola de s'approcher de Madrid.
C'est à Madrid que j'ai entendu parler pour la première fois de la Pasionaria. Outre la République, c'est la liberté que nous défendions car nous savions que si Franco prenait Madrid il y aurait le fascisme international. Durruti disait aussi : "D'abord la victoire. Et après la victoire, la révolution", il avait raison.
Avec l'arrivée des Brigades Internationales, nous avons compris que la liberté ne concernait pas seulement l'Espagne mais tous les pays puisque 53 pays étaient représentés par les Brigadistes. Leur enthousiasme nous a donné des forces ; quelqu'un a dit qu'à Madrid s'est trouvée la frontière qui sépare la liberté de l'esclavage et c'est vrai.
La guerre fut perdue et jamais pendant 40 ans les professeurs d'histoire de la Cité universitaire n'ont jamais traité ce sujet, c'était interdit.
La France nous a accueillis en 1939 dans des camps de concentration faits de fil de fer barbelé où je suis resté un an et demi jusqu'à ce que j'entre, comme la plupart de mes camarades républicains espagnols, dans la Résistance française où nous avons voulu rendre à la France ce que les Français avaient fait pour nous au travers des Brigades Internationales.
»
Rafael Gandia est le président de l'Amicale de Haute-Garonne des Anciens Guérilleros Espagnols en France (FFI)
Colloque Institut CGT d'histoire sociale - Toulouse - 29-30 octobre 1997
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