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Miguel Hernandez
miguel hernandez
MIGUEL HERNANDEZ
Né à Orihuela (Alicante) le 30 octobre 1910
Miguel Hernandez est issu d'une famille paysanne.
Très jeune, il participe aux travaux des champs
et garde les troupeaux.
Sa soif d'apprendre le pousse à lire,
notamment les classiques du Siècle d'Or.
Dans toute son oeuvre l'écho de cette formation se mêle
aux plus pures traditions de la terre lévantine.
Homme du peuple, républicain
 convaincu, le poète meurt le 28 mars 1942
dans une sinistre prison franquiste.
Il a 34 ans.

Al soldado internacional caído en España
Si hay hombres que contienen un alma sin fronteras, 
una esparcida frente de mundiales cabellos, 
cubierta de horizontes, barcos y cordilleras, 
con arena y con nieve, tú eres uno de aquellos. 
-
Las patrias te llamaron con todas sus banderas, 
que tu aliento llenara de movimientos bellos. 
Quisiste apaciguar la sed de las panteras, 
y flamaste enchido contra sus atropellos.
-
Con un sabor a todos los soles y los mares, 
España te recoge porque en ella realices 
tu majestad de árbol que abarca un continente. 
A través de tus huesos irán los olivares 
desplegando en tierra sus más férreas raíces, 
abrazando a los hombres universal, fielmente.
-
Publié le 5 avril 1937 dans "La Voz del Combatiente" 
Recueil  : "Viento del pueblo"
Les vents du peuple me portent
Les vents du peuple me portent
les vents du peuple me traînent
me déchirent le coeur
et me dessèchent la gorge.

Face au châtiment
les boeufs abaissent le front,
impuissants et calmes :
les lions redressent la tête
et enfoncent de plus belle
leurs griffes funèbres pour châtier.

Je n'appartiens pas à un peuple de boeufs
mais j'appartiens à un peuple qu'encombrent
les repaires de lions,
les défilés des aigles ;
et les cordillères à taureaux
l'orgueil aux cornes.
Jamais les boeufs n'ont fait souche
dans les plaines d'Espagne.

Qui parle de mettre un joug
au cou de cette race ?
Qui parle d'entraver l'ouragan ?
Qui retiendra jamais le rayon
prisonnier d'une cage ?

Asturiens de bravoure,
basques de pierre dure,
valenciens de joie
et castillans de l'esprit,
ciselés comme la terre,
aériens comme les ailes.

Andalous nés des éclairs
entourés de guitares,
forgés sur les enclumes
torrentielles des larmes ;
hommes d'Extrémadure, comme le seigle,
galiciens de pluie et de calme,
catalans inébranlables,

aragonais de race pure,
murciens de dynamite
en fruit propagée,
léonais, navarrais, maîtres
de la faim, de la sueur et de la hache,
rois de la mine,
seigneurs du labourage,
hommes qui, parmi les racines,
allez de la vie à la mort
comme racines vivaces,
hommes qui allez du néant au néant :
les hommes de la mauvaise herbe
veulent vous passer le joug,
vous leur briserez ces jougs
sur les reins.
Le crépuscule des boeufs
commence à luire à l'aube.

Les boeufs meurent vêtus
d'humilité dans l'odeur de l'étable ;
les aigles, les lions
et les taureaux, meurent drapés d'arrogance
et derrière eux le ciel
ne se trouble ni ne défaille.
L'agonie des boeufs
a un visage étroit,
l'agonie des mâles
fait force à la nature.

Si je meurs, que je meure
la tête haute.
Mort et vingt fois mort,
la bouche contre le chiendent,
j'aurais les dents serrées
et le menton provocant.

Chantant, j'attends la mort,
il y a des rossignols qui chantent
sur les fusils
au milieu des batailles.