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« Reconquista de España »

L'offensive du Val d'Aran (octobre 1944)

Pendant toute l'Occupation allemande,

de nombreux républicains espagnols participent héroïquement

à la Résistance contre l'occupant.

On les appelait « guérilleros espagnols »

Le 6 juin 1944, avec le débarquement allié en Normandie, commence la libération de la France. Dès le 7 juin 1944, les républicains espagnols réfugiés en France et regroupés dans la Unión Nacional Española (voir ci-contre) diffusent un tract intitulé « Reconquista de España » (Reconquête de l'Espagne) :

Reconquista de Espana - 1944

(Ci-dessus) : "Nous allons au combat bien conscients que les armes que nous dirigeons contre les nazis, envahisseurs de notre patrie, sont des coups terribles que nous assénons à Franco et à ses phalangistes".

L'opération militaire

du Val d'Aran

Le 19 octobre 1944, 3500 à 4000 guérilleros - commandés par Vicente Colonel Lopez-TovarLópez Tovar (photo ci-dessous) chef de la 204e Division, lieutenant-colonel FFI - pénètrent en Espagne par le Val d'Aran jusqu'à Viella, capitale de la petite vallée, dans l'intention d'y déclencher un soulèvement antifranquiste.
Mais les soldats de Franco (45 000 hommes) les "accueillent", munis d'armes lourdes. Craintive, la population aranaise ne se manifeste guère en faveur des guérilleros.

C'est l'échec, le repli vers la France est ordonné dès le 28 octobre. Quelques mois plus tard, en juin 1945, l'U.N.E. décide son auto-dissolution.

1944-2004 : "Reconquista de España" 

Soixantième anniversaire

de l’offensive dans les Pyrénées

Voilà soixante ans les républicains espagnols étaient en première ligne pour libérer la France. Les puissances de l’Axe, Allemagne, Italie, Japon, étaient acculées à la défensive. Dans ces conditions il était bien normal de tenter d’abattre le régime que Franco avait imposé quelques années auparavant grâce au soutien d’Hitler et de Mussolini.

A la fin de l’été et au début de l’automne 1944, des milliers d’anciens combattants républicains espagnols se rassemblent dans le sud-ouest de la France à l’appel de la Unión Nacional Española (UNE) sous l’égide de la Agrupación de Guerrilleros Españoles (AGE).

L’idée d’Union Nationale Espagnole est lancée en 1941, le premier numéro de «Reconquista de España » clandestin paraît le 1er août 1941 à Paris. Objectif : rassembler toutes les forces antifranquistes en vue du rétablissement de la démocratie en Espagne. Dans cette perspective, la « UNE » donne une impulsion majeure à l’engagement des républicains espagnols dans la Résistance française. Dès juin 1942, la UNE annonce coordonner 108 comités en France. Parallèlement au renforcement des activités de résistance en France, du matériel et des hommes sont envoyés vers les maquis de l’intérieur de l’Espagne. Par exemple, Jesús Monzón, l’un des initiateurs de la UNE, quitte la France pour s’installer à Madrid dès 1943, en vue d’y développer la UNE et son bras armé : el Ejército Guerrillero.

Le nombre de guérilleros qui pénètrent en Espagne à l’automne et l’hiver 1944, n’est pas connu avec certitude. On estime que l’effectif disponible pour cette opération fut de l’ordre de 10 à 15 000 hommes répartis tout le long des Pyrénées. Selon l’historien Francisco Moreno Gómez (« La resistencia armada contra Franco », Ediciones Crítica, Barcelona, 2001, préface de Paul Preston) l’ordre militaire de lancement de la pénétration fut émis le 21 septembre 1944, depuis le quartier général de la AGE à Montréjeau, par le général Luis Fernández (General Luis). L’action principale prévue était l’occupation du Val d’Aran ; dans cette zone le commandement de 3500 à 4000 guérilleros fut confié au colonel Vicente López Tovar. L’action commença le 19 octobre 1944 mais l’effet de surprise passé, les forces franquistes firent la démonstration d’une très forte supériorité numérique et matérielle qui amena Vicente López Tovar à donner l’ordre de repli le 28 octobre.

Néanmoins la lutte des maquis d’Espagne, allait continuer plusieurs années encore, non seulement dans les Pyrénées mais aussi au cœur de la péninsule... Aujourd’hui nous voulons célébrer la mémoire de tous ceux qui, voilà soixante ans, conformément à leurs idéaux de justice et de liberté éprouvés dans la lutte contre les nazis, en France et ailleurs, ont continué d’agir pour la « Reconquista de España ». Car l’Histoire officielle tend encore à les oublier.

“Reconquista de España” n° du 18-07-1944 :

- Retourner en Espagne par tous les moyens à notre disposition pour renforcer et accélérer encore plus la lutte intérieure dans notre patrie ;
- Organiser des groupes de l’Union Nationale dans tous les lieux où travaillent et vivent des espagnols ;
- Entrer dans les groupes de guérilleros et les milices patriotiques qui se battent en Espagne en première ligne contre l’armée hitlérienne, en aidant le peuple français à se libérer, et en même temps récupérer les armes perdues lors de notre entrée en Espagne qui nous permettront la réorganisation de notre armée patriotique pour la reconquête de l’Espagne.

Union Nacional Española

(la UNE)

La UNE s’organise clandestinement en de nombreux comités locaux dès l'été 1941.
Par la suite un congrès dit "de Grenoble" se tient le 7 novembre 1942, en réalité près de Montauban.

Ci-dessous, la définition qu'en donne Geneviève Dreyfus-Armand (in
« L’Exil des Républicains espagnols en France » - 1999) :

« L’UNE, structure de large alliance, rassemble non seulement des communistes, mais aussi des Espagnols d’autres horizons politiques – socialistes, républicains ou anarchistes – que la dispersion de leurs organisations et le silence de leurs dirigeants poussent à rejoindre la seule structure de lutte organisée contre le nazisme ». G. Dreyfus-Armand

" La Division a pour mission, en première phase, l'occupation et la libération du secteur délimité au Nord par la frontière française, au Sud, par le confluent des rivières Cinca et Sègre, à l'Est par la rivière Sègre et à l'Ouest par la rivière Cinca."

Opération du Val d'Aran - octobre 1944

opération val d'aran 1944

carte opérations val d'aran 1944 Source des documents :
Daniel Latapie : "L'affaire du Val d'Aran" - B.M. de Toulouse 
Carte de D. Arasa : "Anos 40 : los maquis y el PCE" - Barcelona 1989

Autres pages à consulter

Maquis de France, maquis d'Espagne

Maquis d'Espagne

Monument aux guérilleros espagnols

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