RETOUR ESPAGNE AU COEUR
Journée d'Hommage et Colloque à l'Université de Toulouse le Mirail - 4 décembre 2004
Reconquista de España : des maquis de France aux maquis d'Espagne
Reconquista Toulouse 4-12-2004
Vue de la tribune le matin à l'ouverture du colloque Rémy PECH, Président de l'Université, accueille les participants. De 9h du matin à 19h le soir, un auditoire attentif et participatif.
Voilà soixante ans les républicains espagnols étaient en première ligne pour libérer la France. Les puissances de l’Axe, Allemagne, Italie, Japon étaient acculées à la défensive. Dans ces conditions il était bien normal de tenter d’abattre le régime que Franco avait imposé quelques années auparavant grâce au soutien d’Hitler et Mussolini.
A la fin de l’été et au début de l’automne 1944, des milliers d’anciens combattants républicains espagnols se rassemblent dans le sud-ouest de la France, à l’appel de l’Union Nationale Espagnole (Unión Nacional Española, UNE), sous l’égide du Regroupement des Guérilleros espagnols (Agrupación de Guerrilleros Españoles, AGE).
L’Union Nationale Espagnole avait été lancée en 1941 ; son premier journal, « Reconquête de l’Espagne » (Reconquista de España) était paru le 1er août 1941.
Son objectif était de rassembler toutes les forces antifranquistes en vue du rétablissement de la 
démocratie en Espagne. Dans cette perspective, la UNE donna une impulsion majeure à l’engagement des républicains espagnols dans la Résistance française.
Dès juin 1942, la UNE annonçait coordonner 108 comités en France. Parallèlement au renforcement des activités de résistance en France, du matériel et des hommes sont envoyés vers les maquis de l’intérieur de l’Espagne. Par exemple, Jesús Monzón, l’un des initiateurs de l’Union Nationale Espagnole, quitte la France pour s’installer à Madrid dès 1943, en vue de développer « la UNE » et l’Armée guérillera (El Ejército Guerrillero) en Espagne même.
Le nombre de guérilleros qui pénétrèrent en Espagne cet automne 1944 n’est pas connu avec certitude. On estime que l’effectif disponible pour cette pénétration était de l’ordre de 10 000 à 15 000 hommes, répartis tout le long des Pyrénées. Selon l’historien Francisco Moreno Gómez (La resistencia armada contra Franco, Ediciones Crítica, Barcelona, 2001) l’ordre militaire de lancement de la pénétration fut émis le 21 septembre

1944, depuis le quartier général de « la AGE » à Montréjeau, par le général Luis Fernández (« General Luis »). L’action principale prévue était la pénétration et l’occupation du Val d’Aran ; dans cette zone le commandement de 3500 à 4000 guérilleros fut confié au colonel Vicente López Tovar. Cette action commença le 19 octobre 1944. Mais l’effet de surprise passé, les forces franquistes firent la démonstration d’une très forte supériorité numérique et matérielle qui amena López Tovar à donner l’ordre de repli le 28 octobre.
Néanmoins la lutte des maquis d’Espagne allait continuer plusieurs années encore, non seulement dans les Pyrénées mais aussi au cœur de la péninsule…

Aujourd’hui nous voulons célébrer la mémoire de tous ceux qui, voilà soixante ans, conformément à leurs idéaux de justice et de liberté éprouvés dans la lutte contre les nazis, en France et ailleurs, ont continué d’agir pour la « Reconquista de España ».
Car l’Histoire officielle tend encore à les oublier. 
4 dec 2004 4 déc 2004
Ferran SANCHEZ AGUSTI, auteur de plusieurs ouvrages
dont "Maquis a Catalunya", une référence

Jean ORTIZ, historien universitaire à Pau,
auteur de plusieurs films-documentaires sur les guérilleros.

José ALONSO - Commandant Robert - guérillero espagnol FFI
et qui a participé à l'offensive du Val d'Aran

4-12-2004
Beaucoup de questions dans la salle
Un ancien guérillero qui a participé à l'offensive du Val d'Aran en 1944
Ferran SANCHEZ commente la carte des offensives de l'automne 1944
Henri FARRENY animait la séance du matin Claude DELPLA, agrégé d'histoire,
une mine de connaissances sur les maquis d'Ariège.

Jean-François BERDAH, historien universitaire. Jean-Louis DUFOUR, universitaire, auteur de plusieurs films Narcis FALGUERA, Président des Anciens Guérilléros Espagnols.
Il a participé à l'offensive du Val d'Aran en 1944.
Quelques 250 personnes ont participé aux travaux de la journée Moment d'émotion très attendu : les interventions de
Manel LLATSER (photo) et Angel FERNANDEZ (anciens prisonniers)


Rafael GANDIA, ancien officier républicain et guérillero espagnol Joan CORBALAN, historien catalan.
Enric FARRENY, ancien soldat républicain et résistant FTP
Au micro, le brigadiste italien Vincenzo TONELLI
Au centre José RAMOS, ancien guérillero espagnol.
Un débat très fructueux et très ouvert avec la salle... Le commandant Robert nous présente
son portrait réalisé en 1944 par un guerrillero ... russe !

Une journée exceptionnellement riche !
Ont envoyé des messages pour saluer la Journée : Jean-Luc MOUDENC, maire de Toulouse (UMP), Françoise IMBERT, Pierre COHEN, députés PS de Haute-Garonne. Ont assisté aux travaux : Gérard BAPT, député PS de Hte-Garonne, Marc CARBALLIDO, président du groupe socialiste au Conseil régional de Midi-Pyrénées, Edouard MONTENEGRO, élu PCF
En ligne très prochainement sur ce site
un résumé des différentes interventions.

Les Actes du Colloque devraient être publiés au 2e trimestre 2005.
Photos : Charles Farreny Ce que fut l'offensive du Val d'Aran ICI - RETOUR >>  Espagne au Coeur - Images du petit film présenté en ouverture du colloque >> ICI