RETOUR
Guérilleros espagnols en Zone Sud
-Des milliers de républicains espagnols payèrent de leur vie leur participation aux combats pour la Libération de la France.
AVEYRON - LOT - DORDOGNE
(Page en construction - merci pour votre patience)
AVEYRON
"Les Espagnols de l'Aveyron se sont activement mobilisés dans la lutte et la propagande antifasciste et antinazie. Après la défaite de mai 1940 et surtout après l'invasion de la zone sud, en novembre 1942, ces Espagnols se mobilisent dans la lutte et la propagande antifasciste et antinazie. En juin 1942, à Cransac, avec des mineurs espagnols immigrés anciens et des réfugiés politiques arrivés en 1939, originaires des Asturies ou de Guadalajara, Fombana constitue un groupe de résistance qui se réunit chez Felipe Diaz. Dans un premier temps, son activité se manifestera par des distributions de tracts. En 1943, le groupe a des ramifications dans de nombreuses localités de la région : Carmaux, Laguépie, Najac, Caussade, Gaillac, Cajarc...
Par ailleurs, des contacts sont noués avec des communistes du Front National et des responsables de la MOI (Main d'oeuvre immigrée). Ces liens se concrétisent par des actions communes. Par exemple, en juillet 1942, à Decazeville, lors de l'enterrement d'un ouvrier du Bassin, militant communiste, les camarades espagnols et français du défunt défilent trois par trois en rangs serrés. L'automne 1943 voit la naissance d'une unité de guérilleros espagnols dans le Bassin. Une centaine de résistants espagnols constitue la 9e brigade de guérilleros. Elle est dirigée par le commandant Salvador, le commissaire politique Luis José et Juan Frayre. (...)
En août 1944, les guérilleros participent à presque tous les combats contre les troupes d'occupation. C'est le cas, le 10 août, lorsqu'une colonne allemande, venue de Rodez, se dirige vers le Bassin. (...) Des petits groupes de maquisards notamment des guérilleros de l'Union Nationale Espagnole (UNE) harcèlent la colonne allemande, détruisent par une mine le pont sur le Riou Mort au lieu dit «Le Claux» et obligent celle-ci à rebrousser chemin, 3 km avant Firmi. Les Allemands auraient eu dans ces engagements 18 hommes tués.
Le 18 août, après le départ des troupes d'occupation, les guérilleros espagnols seront parmi les premiers à pénétrer dans Rodez."

Article (extrait) de Christian FONT et Henri MOIZET
publié dans la Dépêche du Midi du 28-02-1999.
Guerrilleros en Decazeville 1944
"Guérilleros en instruction près de Decazeville" - Aveyron (été 1944)
Archives Luis Cesario, document déposé au Musée de la Résistance à Toulouse.
LOT

« El Lot es quizas el departamento donde los guerrilleros tuvieron con relacion a los efectivos combatientes, el mayor numero de bajas" indique Eduardo Pons Prades  dans son ouvrage "Republicanos espanoles en la Segunda Guerra Mondial" (édité en 1975).
De l’automne 1942 jusqu'au printemps 1943, 56 guérilleros espagnols furent arrêtés dans le seul département du Lot (dont 35 déportés).
11/8/1942 : « Un attentat par explosif a eu lieu sur la voie ferrée qui passe à Figeac. Le mouvement d’Union Nationale Reconquista de España prône l’action directe en effectuant des attentats par explosifs » (rapport de la 8e Brigade Spéciale).
12/11/1942 : les RG du Lot font état de l’arrestation de « plusieurs anarchistes espagnols » ; le 25 ils précisent : «membres de l’organisation terroriste Reconquista de Espana ».
14/11/1942 : « il a été procédé à Cahors et dans sa région, à l’arrestation de 13 Espagnols appartenant au mouvement Reconquista de Espana » (rapport 8e Brigade Spéciale de PJ).
9/12/1942 : « Au cours du mois de novembre dernier, mon service a collaboré de manière très active (...) dans une affaire de menées antinationales, reconstitution de parti anarchiste espagnol Reconquista de Espana et de détentions d’explosifs et de tracts communistes » (Rapport RG du Lot).
25/12/1942 : les R.G. du Lot rapportent : « La brigade spéciale de la Police Régionale de Sûreté, a procédé à Figeac, le 18 décembre courant, à l’arrestation de 7 Espagnols appartenant à l’organisation Reconquista de Espana ».
Dans le cadre de la seule « affaire Reconquista de Espana », on recense donc 56 arrestations dans le Lot à cette époque (d’autres Espagnols du réseau réussiront à échapper au coup de filet policier).
Trente-cinq d’entre eux seront cependant déportés par les Allemands. Six parviendront à s'évader du train de déportation.
Manuel CANTO LUISA et Casimiro MAINAR MAINAR, Espagnols arrêtés à Sauzet (Lot) le 11 novembre 1942, ont péri en déportation.

Guérilleros - Lot - Dordogne - 1944
"La Brigade B de guérilleros défilant à Cajarc (Lot) - avril 1944, le capitaine Rodriguez Gonzalez en tête"
Document José Aparicio déposé au Musée de la Résistance à Toulouse.
DORDOGNE

Au centre de la photo, on aperçoit le lieutenant Aquilino Asenjo.
Cette brigade de guérilleros espagnols formée en Dordogne franchira la frontière franco-espagnole le 30 septembre 1944 lors de l'opération "Reconquista" du Val d'Aran.
Cette opération échouera et Aquilino Asenjo sera arrêté par la Guardia Civil le 27 novembre 1944.
Condamné  à 30 ans de prison, il purgera finalement 15 années dans les geoles de Franco avant de pouvoir revenir en France.
Guérilleros-BrigadeDordogne1944
"Brigade A de Guérilleros - Secteur C de la Dordogne - Grupo Carlos -- 24 septembre 1944"