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Espagne au Coeur
La geste de Cecilio ARREGUI
chef du « camp basque » de Gurs
artisan majeur de la Résistance espagnole en Zone « libre »
Je voudrais très brièvement mettre en lumière une figure méconnue, dont nous avons trouvé la trace, l’an dernier seulement, dans les archives françaises : celle de Cecilio Arregui.
Né à Bilbao, Cecilio Arregui avait 33 ans et travaillait à Madrid comme tailleur de pierres quand éclata le putsch contre la République, Engagé volontaire il commanda le bataillon Juventud campesina sur le front du Guadarrama et termina la guerre à l’état-major du 5e Corps d’Armée (commandé par Enrique Líster).
Cecilio Arregui en 1983Réfugié en France, il fut transféré le 15 mai 1939 du camp de concentration de Septfonds à celui de Gurs. Il fut désigné comme chef de l’îlot D, et plus tard chef du « camp basque », en remplacement de Celestino Uriarte. En octobre 1939, destitué par les autorités françaises du camp pour avoir pris position contre l’enrôlement des Espagnols dans les Bataillons de Marche ou la Légion Étrangère, il fut renvoyé à Septfonds qu’il quitta le 4 novembre 1939 pour travailler en Lot-et-Garonne.
En 1940, 41, 42 il fut l’un des principaux responsables de la construction de la résistance espagnole dans la Zone Non Occupée. Début 1942, le département du Lot-et-Garonne comptait une vingtaine de comités de la Unión Nacional Española, constitués dans la perspective de la Reconquista de España. Le 6 juillet 1942, la police de Vichy lança un coup de filet qui conduisit, en quelques mois, à une centaine d’arrestations en Lot-et-Garonne.
Cecilio Arregui fut l’objet d’une traque policière acharnée.
Néanmoins, en septembre 1942, il réussit à traverser la ligne de démarcation pour rejoindre Bordeaux (en Zone Occupée) puis Hendaye. De là il revint... à Bilbao (!), en vue de reconstituer le Parti Communiste d’Euzkadi, alors décapité par la répression franquiste.
En mars 1943 il fut arrêté. La peine de mort étant requise, il fut condamné à 30 ans de prison. Il en effectua 18. Dix huit. En 1983, il publia des mémoires : « ¡ Por rojo ! », bien difficiles à trouver dans les bibliothèques d’Espagne ou même d’Euzkadi.
Cecilio Arregui, le tailleur de pierre de Bilbao, officier de la République espagnole, chef du camp basque de Gurs, un artisan majeur de la Résistance espagnole en France et encore de a Résistance en Espagne, fut un authentique héros. Il mérite toute notre reconnaissance, des deux côtés des Pyrénées.

Henri Farreny
Extraits d'un texte lu le 27 mai 2006 au cours d'une cérémonie au camp de Gurs.
Libro de Cecilio Arregui
DEDICATORIA
Este modesto libro es dedicado como ofrenda póstuma, a cuantos cayeron en la lucha por la causa de la libertad y la Democracia, en España y en el mundo.
A cuantos perdieron los mejores años de su vida en Penales y Cárceles, víctimas del franquismo.
A mi difunta y muy entrañable esposa Estéfana, en quien se pueden simbolizar los sufrimientos de millares y millares de mujeres que, como ella, sufrieron penalidades y vejaciones sin cuento para sacar adelante a sus hijos y deudos, a falta del ausente padre de familia, obligadas a cumplir dos veces la condena de sus familiares.
A mis queridos hijos, Carmelo y Rosa, y nietos, que como decenas y decenas de millares de ellos, se hicieron hombres y mujeres, unos sin alcanzar a conocer a sus padres en vida, otros, sin conocer así mismos en su infancia y adolescencia, el cariño y amor de sus progenitores.
Cecilio Arregui  (1983)
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